Le grand Autre

Lacan appelle grand Autre le champ du langage.

Comme très souvent chez Lacan, il s’agit d’une ingénieuse métaphore qui personnalise et transcende le langage, en faisant ressortir son « omnipotence » sur les sujets humains qui lui sont aliénés, et en faisant oublier ce qu’il est techniquement, c’est-à-dire une colonie de signifiants. Le grand Autre se superpose à la structure signifiante du langage humain. Dans la perspective ternaire au sein de laquelle s’inscrit la division signifiante, le grand Autre est l’opérateur de la coupure fondatrice.

Lieu des signifiants

En se confondant avec le lieu des signifiants, le grand Autre se présente d’emblée en tant que distributeur de significations, par exemple au niveau de l’énoncé avec lequel on peut aller très loin y compris parcourir tout le champ de la science. Cet effet de signification délivré par le grand Autre, nous l’appelons dès maintenant « s (A), le signifié de l’Autre ». Nous reviendrons sur s (A) à propos du graphe du désir.

Si le grand Autre était uniquement un dictionnaire, il suffirait d’utiliser les mots comme des étiquettes pour assigner une signification à une chaîne signifiante. Mais le grand Autre ne se cantonne pas à un rôle de vocabulaire ; il forme aussi le réseau grâce auquel les signifiants du langage entrent en relation. À ce titre, le grand Autre organise le champ des signifiants, la texture synchrone à la surface de laquelle s’animent les mécanismes du langage.

Le signifiant qui représente le sujet dans la structure du grand Autre a pour rôle de lui procurer [à lui, le sujet] une valeur d’échange.

Le grand Autre est la « somme des signifiants »

« La somme des signifiants »

Références

Séminaire 5 : [page 465] Il [le symptôme] se situe au niveau de la signification […] on peut légitimement le symboliser à cette place par un petit s (A), signifié de l’Autre venant du lieu de la parole.

Séminaire 6 : [séance du 19/11/1958] […] l’omnipotence […] est celle de l’Autre en tant qu’il dispose de la somme des signifiants […]

Séminaire 12 : [séance du 10/03/1965] Le grand A, lieu de l’Autre, lieu où s’inscrit la succession des signifiants […]

Séminaire 17 : [page 14] De l’Autre, bien entendu pour autant […] que le fait surgir comme champ l’intervention du signifiant.

Séminaire 20 : [page 75] L’Autre, ce lieu où vient s’inscrire tout ce qui peut s’articuler du signifiant […]

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